Utilisation du cuivre en agriculture, quels sont les enjeux ?
Utilisation du cuivre en agriculture, quels sont les enjeux ?
Les composés cupriques restent autorisés comme substances actives au niveau européen, mais un grand nombre de spécialités commerciales ont été restreintes ou retirées en France pour des raisons de risques environnementaux et surtout de risques pour les travailleurs agricoles.
Statut réglementaire du cuivre
- Depuis 2019, le cuivre est classé « substance candidate à la substitution » au titre du règlement (CE) n°1107/2009, du fait de sa persistance dans les sols et de sa forte toxicité pour les organismes aquatiques.
- En France, l’Anses a réévalué les spécialités cupriques : sur 34 produits examinés récemment, seulement 2 sont restés autorisés, les autres faisant l’objet de retraits ou de limitations d’usages.
- Plusieurs spécialités historiques (ex. formulations de type bouillie bordelaise, oxydes ou hydroxydes de cuivre) voient leurs usages réduits (perte de certains usages arboriculture, viticulture, maraîchage) et des dates de fin d’utilisation sont fixées (exemple : certaines spécialités avec fin d’usage autour de 2027)
Principaux risques toxicologiques pour l’homme
- Les composés de cuivre présentent une toxicité aiguë par ingestion (H302), une irritation cutanée (H315) et une sévère irritation oculaire (H319), ainsi qu’une toxicité aiguë et chronique très élevée pour le milieu aquatique (H400/H410).
- Le cuivre n’est pas classé CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) d’après les évaluations européennes, mais la toxicité systémique en cas d’expositions répétées et la toxicité cutanée sont jugées significatives pour les travailleurs.
- Ces éléments ont conduit à l’utilisation de modèles d’évaluation du risque travailleur plus conservateurs par l’Anses, ce qui explique une partie des retraits d’AMM pour risque inacceptable pour l’applicateur
EPI requis pour l’utilisation de produits cupriques en phase de rentrée à la parcelle
Pour des produits phytopharmaceutiques, dont ceux à base de cuivre, l’Anses et l’INRS rappellent que le risque n’est jugé acceptable qu’avec le port d’EPI (Equipements de Protection Individuelle) adaptés lorsque la réduction à la source et les protections collectives ne suffisent pas.
Pour connaître les EPI requis il faut se rapporter à l’étiquette du produit. Compte tenu des effets notamment cutanés des composés à base de cuivre, sur l’ensemble des spécialités autorisées, la protection du travailleur en phase de rentrée (post DRE) est indispensable. Concrètement cela apparaît sur l’étiquette du bidon :
Les EPI utilisables sont les combinaisons textiles lavables et réutilisables comme la combinaison AEGIS® ou des gants nitriles réutilisables comme les Ultrane 500 ou les gants ANSELL 11-925.